ACCEO

Menu

Tribunes

Majorité municipale

Chères Levalloisiennes, chers Levalloisiens,

 

Partout en France, ces dernières semaines, nous avons assisté à des scènes de chaos. Ne nous y trompons pas : derrière ces scènes de chaos, c’est bien la démocratie qui est mise à mal, ce sont les fondements même du pacte républicain qui vacillent, c’est notre capacité à vivre en société avec ses codes, ses règles, ses lois, même si elles sont imparfaites, qui est interrogée.

 

Quand la démocratie s’est imposée aux hommes comme le régime le plus à même de garantir à chacun le bonheur auquel il aspire, nous avons fait des choix. Nous avons ainsi, collectivement et en conscience, fait le choix de renoncer à l’usage de la violence individuelle. Nous nous sommes entendus sur le fait que pour faire société, il nous fallait abandonner nos pulsions violentes et notre possibilité à avoir recours à la violence pour servir nos intérêts individuels lorsqu’ils étaient contraires à ceux de notre prochain. Nous avons renoncé à nous faire justice nous-même pour con‚er ce rôle à l’État. L’un des piliers de notre démocratie repose donc dans cette aªrmation très simple et très claire«: l’État, par la main de ses forces de l’ordre est seul détenteur de la violence physique légitime avec pour mission de protéger les citoyens et préserver la paix civile.

 

À l’occasion de ces émeutes, ce contrat a été rompu. Deux fois.

 

Il a été rompu par des manifestations qui ont tourné à l’émeute, avant même que la marche ne commence.

Rompu par ces manifestants qui ont crié leur haine et leur détestation de la police, occultant totalement les véritables revendications sociales portées par ceux qui entendaient simplement, et dans le respect des lois de la République, exprimer leur colère et leur épuisement face à une situation qui ne s’améliore pas.

 

Ce contrat a aussi été rompu par l’État, incapable de donner aux forces de l’ordre les moyens nécessaires à la bonne tenue de leur mission, les soumettant à un niveau de violence rarement atteint au cours des décennies passées.

 

Manifester en France est un droit constitutionnel. Mais ce que nous avons vu, et les stigmates que cela a laissés dans nos villes, ce n’était pas des manifestations citoyennes. C’était une tentative délibérée de déstabiliser la République et de déchirer notre contrat social en touchant à ceux qui l’incarnent sur le terrain : nos forces de l’ordre. C’était une tentative d’insurrection menée par des groupes organisés ayant pro‚té de l’e€et de masse o€ert par un mouvement de protestation légitime, qu’ils ont in‚ltré pour semer le chaos, piétinant au passage les revendications initialement portées. En somme, ils ont repris une méthode bien connue des terroristes : in‚ltrer les mouvements citoyens et utiliser les foules comme bouclier humain, pour envoyer cocktails molotov, pavés et barres de fer en direction des forces de l’ordre.

 

Oui, notre pays traverse une crise majeure dont sou€rent nos concitoyens : crise économique, éducative, sécuritaire, migratoire, budgétaire, sociale. Il demeure qu’aucune revendication, aussi légitime soit-elle, ne justi‚e l’usage de la violence.

 

Dans ce climat de violence inouïe qui nous a tous marqués, le bilan aurait été bien plus catastrophique sans l’action et l’intervention souvent héroïque des forces de l’ordre.

 

Je veux dire aussi notre immense compassion et notre soutien à tous les artisans et commerçants dont les ateliers et boutiques ont été pillés. Bien souvent, c’est le travail de toute une vie qui s’est évaporé en l’espace de quelques minutes.

 

À vous tous, chers Levalloisiens, nous voulons dire que nous tiendrons. Un chemin d’espérance et de redressement de la France est possible.

Il nécessitera un labeur patient, ambitieux, radical et courageux, mais ce chemin existe.

 

Nous sommes, les maires, l’échelon pertinent pour le faire. Nous avons toujours veillé à être au plus proche de nos administrés, à prendre le temps de vous écouter lorsque vous avez besoin de nous, à faire de notre mieux pour trouver, pour vous, des solutions, à améliorer votre vie dès que nous le pouvions. Nous prendrons toute notre part dans ces efforts.

 

Nous tiendrons ensemble, en veillant à ne jamais rompre le dialogue, notamment avec nos jeunes. Nous sommes là pour les aider et leur donner les moyens d’y arriver.

Dès la rentrée, nous proposerons à la direction du lycée Léonard de Vinci de Levallois d’organiser un temps d’échange entre lycéens, direction, parents d’élèves, municipalité et représentant du Conseil Régional, pour examiner dans le détail leurs demandes et voir comment chaque acteur peut y répondre.

 

Nous n’oublions pas non plus les Levalloisiens les plus fragiles et qui ont besoin d’être aidés. Contre la vie chère, et malgré les ponctions ‚nancières sans cesse plus lourdes que l’État fait peser sur les communes (40 millions d’euros cette année prélevés sur le budget de Levallois par l’État pour tenter de combler son déficit), nous continuons d’agir. Soyez sûrs de pouvoir compter sur nous.

 

Alors, tenons bon, gardons espoir en notre capacité à sortir du marasme et à aider notre pays à relever la tête. La France est belle et mérite d’être sauvée.

 

La Majorité Municipale

Opposition municipale

Conseillers de quartier : des sous-citoyens ?

Un conseil de quartier n’est pas un comité de soutien à la maire. On doit pouvoir y donner de son temps sans renoncer à ses opinions. Or, le nouveau règlement intérieur adopté le 5 octobre par la majorité municipale menace la liberté d’expression de ses membres, pourtant garantie par la Constitution.

Nous défendons la neutralité politique pendant les travaux des conseils de quartier. Mais le règlement va trop loin en interdisant le « prosélytisme politique » et toute « publication nuisible à la Municipalité » sur les réseaux sociaux. Cette clause n’est pas explicitement limitée aux travaux du conseil. S’engager politiquement ou défendre ses convictions dans sa vie de tous les jours pourrait donc être qualifié de « prosélytisme ». Une critique sur son compte personnel pourrait aussi être jugée « nuisible ». Avec, à la clé, une possibilité d’exclusion prononcée par la maire.

 

Un habitant pourrait ainsi critiquer librement une décision municipale ou soutenir un candidat à la présidentielle, tandis que son voisin, membre d’un conseil de quartier, risquerait sa place pour les mêmes propos. Pourquoi l’engagement local devrait-il se payer d’une liberté en moins ?

 

Qui décidera qu’une publication est « nuisible » ? La maire, dont on aura critiqué une décision ? Nous avons demandé la suppression de cette phrase. La maire a refusé. On n’entre pas dans les ordres en rejoignant un conseil de quartier. Ces instances ont accueilli des soutiens de la majorité comme de l’opposition. Pourquoi se priver de leur expérience ? Aimer Levallois ne signifie pas faire allégeance à sa municipalité.

 

Cette liberté doit valoir partout dans la ville. Un commerçant doit pouvoir participer aux événements locaux et un sportif pratiquer dans son club, quelles que soient leurs opinions politiques. Comment susciter la con‚ance et l’engagement si chacun doit craindre d’être écarté pour avoir exprimé un désaccord ? La contradiction est utile. Elle peut faire apparaître une erreur et permettre d’améliorer un projet. Une municipalité qui accepte d’être contredite se donne les moyens de mieux agir. Celle qui décourage les voix différentes se prive d’une partie de l’intelligence de sa ville.

Les conseils de quartier seront renouvelés en décembre. Qui voudra donner de son temps s’il doit, en échange, surveiller sa parole ? Nous voulons au contraire encourager l’engagement, en publiant leurs comptes rendus dans Info Levallois et en précisant les suites données aux propositions des habitants. Les habitants doivent voir que leur engagement est utile et leur parole respectée.

 

Nous demandons le retrait de cette clause et nous nous réservons toutes les voies de recours nécessaires, auprès du préfet et, s’il le faut, du tribunal administratif. La mairie est au service de tous les Levalloisiens. Elle n’a pas à leur demander de se taire.

Groupe « Tous Levallois ! »

Lies MESSATFA, Céline CALVEZ, Sacha HALPHEN, Nathalie LEFÈVRE, Louis JOURDE

 

 

Comment rester sourd aux cris de détresse de la jeunesse?

Au-delà des slogans, il s’agit d’une réalité alarmante. Les lycéens et étudiants revendiquent le droit à un enseignement de qualité, quel que soit leur territoire. Ils expriment une exigence fondamentale : celle de l’égalité des chances et de la juste place qui leur est due.

 

Cette génération a grandi avec les confinements de la crise sanitaire. Elle s’inquiète en toute conscience de l’état de la planète, s’interroge sur son avenir professionnel face aux bouleversements du marché de l’emploi et à l’essor de l’intelligence artificielle. À cela s’ajoutent les incertitudes de Parcoursup, dont l’opacité nourrit le sentiment de ne pas maîtriser son avenir. Elle subira aussi les conséquences d’une dette publique considérable.

Comment s’étonner que l’anxiété progresse à un âge où la confiance et l’espoir d’un monde meilleur devraient être une promesse ?

Nous condamnons toutes les violences. Elles ne résolvent aucun problème et risquent de masquer la légitimité de ces revendications. Écouter la jeunesse, c’est prendre ses inquiétudes au sérieux et agir.

À Levallois, nous voulons une politique plus ambitieuse pour nos 4 000 collégiens et lycéens.

Première urgence : la création d’un club de prévention, pour assurer une présence éducative de proximité et accompagner les jeunes les plus en di­fficulté.

Deuxième priorité : faire de la culture un levier d’émancipation. Réveillons le théâtre Naldini en confiant à nos collégiens et lycéens la programmation et l’animation de ses activités, avec l’appui du service culturel municipal.

Troisième impératif : la santé mentale des jeunes doit devenir une priorité, avec une réelle écoute, un repérage précoce des di­cultés et un accompagnement plus accessible.

Notre jeunesse n’est pas seulement le futur de Levallois : elle est déjà sa force vive. Donnons-lui les moyens d’agir, de s’épanouir et de construire son avenir.

Levallois en Commun

Baptiste Nouguier, Danièle Zelic, Frédéric Gradwohl

 

Une opposition qui assume son rôle

Être élu d’opposition, c’est avant tout exercer pleinement le mandat que les électeurs nous ont confié.

C’est écouter, questionner, contrôler, proposer et, lorsque nous le pensons nécessaire, exprimer un désaccord.

 

À Levallois, nous devons savoir dépasser les vieilles rancunes et les querelles de personnes. Elles n’apportent rien au débat public et encore moins aux Levalloisiens.

 

Nous voulons une opposition libre, vigilante et constructive, capable de reconnaître ce qui va dans le bon sens, mais également de défendre ses convictions en proposant des pistes de réflexion ou des alternatives pour améliorer les futures décisions.

Mounia Inoughi et Renaud Vincent

CELA POURRAIT AUSSI VOUS PLAIRE

Rechercher